Jean Maerten



Jean est né le 16 mai 1926 à Dunkerque mais avec les années, La ChauséeTirancourt est devenu son village. Il s'est initier aux arts plastiques dès 1963. Les premiers travaux qui marquent le début de son oeuvre ont été exécutés en 1975.





Rencontre avec Jean Maerten dans son atelier

Vous cherchez l’atelier de  Jean Maerten ?
C’est très simple vous ne pouvez pas vous tromper, il suffit de chercher une porte bleue coiffée d’une palette de peintre.  Le ton est donné, chez Jean il règne une atmosphère différente où harmonie et douceur de vivre sont les maîtres-mots. Jean nous accueille dans sa singulière maison-atelier qui sent bon la peinture et l’essence de térébenthine,  où de grandes baies vitrées permettent aux rayons de soleil d’inonder le lieu de lumière.

Le Maître des lieux a la parole facile, celle d’un passionné de peinture  qui s’est essayé à cet art, il y a déjà plus de 40 ans, alors qu’il « ne tenait un crayon que pour remplir des bons de commande ».  Jean nous explique qu’à l’époque il était représentant. Après un rapide repas, je m’installais sur le bord d’une route, près d’un paysage, pour réaliser des aquarelles. Ce travail faisait évoluer mon style » nous confie t-il. Depuis il n’a jamais cessé de peindre. Il suffit de voir ses centaines de tableaux qui recouvrent les murs et les moindres recoins de son atelier pour en être convaincu.

Jean Maerten a une originalité : la peinture anecdotique. Il peint d’une technique parfaite ; le rythme d’une vie simple, des paysages et une population, une géographie et une histoire, un passé et un présent, toutes choses qui nous paraissent, au premier regard, étrangement familières, comme un kiosque à musique, une église, une fête populaire, un marché sur l’eau… Jean se plait à nous raconter l’histoire de chacun de ses tableaux et parfois se cache sur l’un d’eux tout l’humour du peintre: les nuages de cette scène de plage n’ont-ils pas des formes très érotiques ? Ces personnages rassemblés sur le parvis de la cathédrale d’Amiens à l’occasion du mariage de Charles VI et d’Isabeau de Bavière n’ont-ils pas des traits familiers ?
             

Mais ce qui qualifie avant tout Jean, c’est sa générosité. Une qualité qui l’a notamment poussé à ouvrir son atelier chaque jeudi à des peintres amateurs pour partager ses connaissances et sa passion. Mais attention, comme il aime à le préciser Jean n’est pas un professeur, « j’ai fait cela parce que j’ai le souvenir de nos débuts en peinture, à moi et à ma femme. On ne savait rien de la peinture à l’époque. Les deux premières années, on ne savait vraiment pas comment faire ». Pour éviter ces tâtonnements à des modus comme lui, Jean Maerten a donc mis en place cette formule qui réunit chaque jeudi une dizaine d’artistes. Qu’ils viennent de La Chaussée-Tirancourt, de Ferrières, de Flixecourt, tous expliquent leur assiduité avec simplicité : « ce qui est bon c’est qu’on se conseille, se critique, on discute de ses gouts et on se motive. C’est un plaisir de venir. » 


                        



L'annonce du grand bouleversement
Charles Éric DUBOIS
Historien de l'art

Jean MAERTEN appartient à ce petit nombre d'artistes figuratifs français, ignorés par les institutions gardiennes de l'abstraction académique, mais qui serviront demain à définir le style de l'art de notre époque. Si l'art abstrait a remarqué les trois quarts du XXème siècle, nous assistons actuellement à un revirement : le retour d'un art figuratif renouvelé. Si ce retour est très net aux États-Unis depuis quelques années. Il est encore plus ou moins volontairement ignoré en France. Jean MAERTEN est une des figures marquantes de ce retour.

S'il se qualifie très modestement de « peintre anecdotique » ( certains le rangent aussi parmi les naïfs ), son art dépasse de très loin cette dimension de l'anecdote. Chacun de ses tableaux raconte un événement historique ou contemporain : le mariage de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, le 17 juillet 1385, sur le parvis de la Cathédrale d'Amiens aussi bien que la foire exposition à Amiens ou une séance aux Beaux Arts.

Chaque tableau est issu d'un long travail de préparation. Jean MAERTEN dessine de nombreux schémas préparatoires détaillés et, pour certains tableaux historiques, réalise des recherches poussées. La ressemblance des personnages historiques est assurée, les costumes sont authentiques, l'architecture est reconstituée telle qu'elle était à l'époque. Ainsi évite-t-il de représenter la cathédrale avec ses pierres dénudées d'aujourd'hui et la représente-t-il avec toutes ses flamboyantes couleurs de l'époque. II nous épargne l'habituel Moyen-Age grisâtre et boueux, imaginé au XIXème siècle et qui a définitivement marqué les esprits incultes, pour une reconstitution joyeuse et réaliste de cette époque festive et haute en couleurs. Lorsqu'il représente la construction de la Cathédrale d'Amiens, les étapes de construction, les machines, le mode de travail sont également savamment documentés et réalistes.


                     


Derrière ses tableaux historiques se cachent des portraits. Dans les foules suivant leurs mouvements et leurs occupations, quelques personnages, les seuls à remarquer notre présence, nous regardent. Il s'agit de portraits d'amis auxquels Jean MAERTEN désire rendre hommage, de sa femme et parfois d'autoportraits.

Son art se distingue par un souci du détail. Chacune des parties est traitée de manière très fine, sans que le regard en soit dirigé. Aussi ses tableaux se lisent comme des livres dans lesquels chaque chapitre, chaque page, chaque détail compte et peut porter un sens ou une histoire. Ce traitement soigné, accompagné par un coloris vif et un équilibre harmonieux entre les figures humaines et le décor font penser au travail minutieux des miniaturistes du Moyen-Age. Un important travail de recherche et de conception interdit de classer Jean MAERTEN parmi les naïfs. Même si les couleurs vives et des personnages de petites tailles sont récurrentes, cette étiquette est abusive.                                 

Jean MAERTEN est un travailleur acharné et indépendant. Cette indépendance, ce travail en autodidacte lui a évité de suivre les modes ambiantes, le ton général. II a appris simplement: d'abord l'aquarelle pendant plusieurs années, puis la peinture à l'huile. Cet apprentissage technique lent, persévérant, seul, l'amène aux Beaux-Arts du Havre, puis de Paris. II est Sociétaire au Salon d'Automne, du Salon des Artistes Français auxquels il participe depuis 1975, ainsi qu'au Salon Comparaisons depuis 1980. Membre de la Société des Amis des Arts de la Somme, il participe à de nombreuses expositions dans l'ensemble de la France et en Belgique. A partir de 1998, il fut l'invité d'honneur de plusieurs expositions.

D'ailleurs à quelle école peut appartenir Jean MAERTEN ? Traiter sa peinture de ( naïve ) ou la réduire à l'anecdote est à notre sens erroné. Nous devons reconnaître qu'il s'agit de quelque chose de nouveau, que nous ne pouvons utiliser les étiquettes déjà existantes, que Jean MAERTEN ne s'inscrit pas dans la filiation d'une école déjà existantes. Enfin nous avons droit à une bouffée d'air frais qui nous sort de l'hermétismes abstrait, à l'un de ces moments charnières qui permet à l'Histoire de l'Art de se renouveler, et d'aller de l'avant.

Jean MAERTEN a crée son atelier est forme une fois par semaine d'autres artistes dans sa maison-atelier. S'il réussi à transmettre ce nouveau feu créateur à d'autres, nous sommes peut-être en train d'assister à l'apparition d'une nouvelle école loin des projecteurs, des critiques, des expositions clinquantes, une école discrète, une école hors des réseaux conventionnels, mais quel grand mouvement artistique est né autrement ? Aucun. La question n'est plus à quelle école appartient Jean MAERTEN, mais quel mouvement est-il en train de créer ?

Derrière cette discrétion actuelle, nous avons une assurance. Jamais dans l'histoire de l'art, la nouveauté n'est tombée à la trappe. Jamais elle n'est restée ignorée longtemps. Puissent les artistes retrouver la voie technique, de la recherche approfondie, cette quête du nouveau, du sens et abandonner les sirènes de l'hermétisme sans signification et sans travail, bref puissent-il retrouver cette ambition d'un art qui nous parle de quelque chose, important ou insignifiant, peu importe du moment qu'ils nous parlent.

Tout ceci, Jean MAERTEN ne vous le dira pas. Sa modestie et discrétion naturelle le rendent étranger aux vanités et vantardises dont sont coutumiers ces artistes qui ré-inventent sans cesse ce qui a déjà découvert par d'autres dans les années 1910. Il restera encore quelques temps invisible aux yeux qui ne voient que les paillettes, mais d'autres, plus éclairés et fins percevront le bruit de la révolution qui approche : le temps de la destruction de l'art s'achève. Vient le temps de la reconstruction. Une nouvelle époque s'annonce.





Contact

Pour participer à son atelier peinture contactez Jean Maerten au 03 22 51 44 29






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