Jean Maerten suite

 L'annonce du grand bouleversement

Jean MAERTEN appartient à ce petit nombre d'artistes figuratifs français, ignorés par les institutions gardiennes de l'abstraction académique, mais qui serviront demain à définir le style de l'art de notre époque. Si l'art abstrait a remarqué les trois quarts du XXème siècle, nous assistons actuellement à un revirement : le retour d'un art figuratif renouvelé. Si ce retour est très net aux États-Unis depuis quelques années. Il est encore plus ou moins volontairement ignoré en France. Jean MAERTEN est une des figures marquantes de ce retour.

S'il se qualifie très modestement de « peintre anecdotique » ( certains le rangent aussi parmi les naïfs ), son art dépasse de très loin cette dimension de l'anecdote. Chacun de ses tableaux raconte un événement historique ou contemporain : le mariage de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, le 17 juillet 1385, sur le parvis de la Cathédrale d'Amiens aussi bien que la foire exposition à Amiens ou une séance aux Beaux Arts.

Chaque tableau est issu d'un long travail de préparation. Jean MAERTEN dessine de nombreux schémas préparatoires détaillés et, pour certains tableaux historiques, réalise des recherches poussées. La ressemblance des personnages historiques est assurée, les costumes sont authentiques, l'architecture est reconstituée telle qu'elle était à l'époque. Ainsi évite-t-il de représenter la cathédrale avec ses pierres dénudées d'aujourd'hui et la représente-t-il avec toutes ses flamboyantes couleurs de l'époque. II nous épargne l'habituel Moyen-Age grisâtre et boueux, imaginé au XIXème siècle et qui a définitivement marqué les esprits incultes, pour une reconstitution joyeuse et réaliste de cette époque festive et haute en couleurs. Lorsqu'il représente la construction de la Cathédrale d'Amiens, les étapes de construction, les machines, le mode de travail sont également savamment documentés et réalistes.

Derrière ses tableaux historiques se cachent des portraits. Dans les foules suivant leurs mouvements et leurs occupations, quelques personnages, les seuls à remarquer notre présence, nous regardent. Il s'agit de portraits d'amis auxquels Jean MAERTEN désire rendre hommage, de sa femme et parfois d'autoportraits.

Son art se distingue par un souci du détail. Chacune des parties est traitée de manière très fine, sans que le regard en soit dirigé. Aussi ses tableaux se lisent comme des livres dans lesquels chaque chapitre, chaque page, chaque détail compte et peut porter un sens ou une histoire. Ce traitement soigné, accompagné par un coloris vif et un équilibre harmonieux entre les figures humaines et le décor font penser au travail minutieux des miniaturistes du Moyen-Age. Un important travail de recherche et de conception interdit de classer Jean MAERTEN parmi les naïfs. Même si les couleurs vives et des personnages de petites tailles sont récurrentes, cette étiquette est abusive.

Jean MAERTEN appartient à ce petit nombre d'artistes figuratifs français, ignorés par les institutions gardiennes de l'abstraction académique, mais qui serviront demain à définir le style de l'art de notre époque. Si l'art abstrait a remarqué les trois quarts du XXème siècle, nous assistons actuellement à un revirement : le retour d'un art figuratif renouvelé. Si ce retour est très net aux États-Unis depuis quelques années. Il est encore plus ou moins volontairement ignoré en France. Jean MAERTEN est une des figures marquantes de ce retour.

S'il se qualifie très modestement de « peintre anecdotique » ( certains le rangent aussi parmi les naïfs ), son art dépasse de très loin cette dimension de l'anecdote. Chacun de ses tableaux raconte un événement historique ou contemporain : le mariage de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, le 17 juillet 1385, sur le parvis de la Cathédrale d'Amiens aussi bien que la foire exposition à Amiens ou une séance aux Beaux Arts.

Chaque tableau est issu d'un long travail de préparation. Jean MAERTEN dessine de nombreux schémas préparatoires détaillés et, pour certains tableaux historiques, réalise des recherches poussées. La ressemblance des personnages historiques est assurée, les costumes sont authentiques, l'architecture est reconstituée telle qu'elle était à l'époque. Ainsi évite-t-il de représenter la cathédrale avec ses pierres dénudées d'aujourd'hui et la représente-t-il avec toutes ses flamboyantes couleurs de l'époque. II nous épargne l'habituel Moyen-Age grisâtre et boueux, imaginé au XIXème siècle et qui a définitivement marqué les esprits incultes, pour une reconstitution joyeuse et réaliste de cette époque festive et haute en couleurs. Lorsqu'il représente la construction de la Cathédrale d'Amiens, les étapes de construction, les machines, le mode de travail sont également savamment documentés et réalistes.

Derrière ses tableaux historiques se cachent des portraits. Dans les foules suivant leurs mouvements et leurs occupations, quelques personnages, les seuls à remarquer notre présence, nous regardent. Il s'agit de portraits d'amis auxquels Jean MAERTEN désire rendre hommage, de sa femme et parfois d'autoportraits.

Jean MAERTEN est un travailleur acharné et indépendant. Cette indépendance, ce travail en autodidacte lui a évité de suivre les modes ambiantes, le ton général. II a appris simplement: d'abord l'aquarelle pendant plusieurs années, puis la peinture à l'huile. Cet apprentissage technique lent, persévérant, seul, l'amène aux Beaux-Arts du Havre, puis de Paris. II est Sociétaire au Salon d'Automne, du Salon des Artistes Français auxquels il participe depuis 1975, ainsi qu'au Salon Comparaisons depuis 1980. Membre de la Société des Amis des Arts de la Somme, il participe à de nombreuses expositions dans l'ensemble de la France et en Belgique. A partir de 1998, il fut l'invité d'honneur de plusieurs expositions.

D'ailleurs à quelle école peut appartenir Jean MAERTEN ?Traiter sa peinture de ( naïve ) ou la réduire à l'anecdote est à notre sens erroné. Nous devons reconnaître qu'il s'agit de quelque chose de nouveau, que nous ne pouvons utiliser les étiquettes déjà existantes, que Jean MAERTEN ne s'inscrit pas dans la filiation d'une école déjà existantes. Enfin nous avons droit à une bouffée d'air frais qui nous sort de l'hermétismes abstrait, à l'un de ces moments charnières qui permet à l'Histoire de l'Art de se renouveler, et d'aller de l'avant.

Jean MAERTEN a crée son atelier est forme une fois par semaine d'autres artistes dans sa maison-atelier. S'il réussi à transmettre ce nouveau feu créateur à d'autres, nous sommes peut-être en train d'assister à l'apparition d'une nouvelle école loin des projecteurs, des critiques, des expositions clinquantes, une école discrète, une école hors des réseaux conventionnels, mais quel grand mouvement artistique est né autrement ? Aucun. La question n'est plus à quelle école appartient Jean MAERTEN, mais quel mouvement est-il en train de créer ?

Derrière cette discrétion actuelle, nous avons une assurance. Jamais dans l'histoire de l'art, la nouveauté n'est tombée à la trappe. Jamais elle n'est restée ignorée longtemps. Puissent les artistes retrouver la voie technique, de la recherche approfondie, cette quête du nouveau, du sens et abandonner les sirènes de l'hermétisme sans signification et sans travail, bref puissent-il retrouver cette ambition d'un art qui nous parle de quelque chose, important ou insignifiant, peu importe du moment qu'ils nous parlent.

Tout ceci, Jean MAERTEN ne vous le dira pas. Sa modestie et discrétion naturelle le rendent étranger aux vanités et vantardises dont sont coutumiers ces artistes qui ré-inventent sans cesse ce qui a déjà découvert par d'autres dans les années 1910. Il restera encore quelques temps invisible aux yeux qui ne voient que les paillettes, mais d'autres, plus éclairés et fins percevront le bruit de la révolution qui approche : le temps de la destruction de l'art s'achève. Vient le temps de la reconstruction. Une nouvelle époque s'annonce.

Charles Éric DUBOIS
Historien de l'art


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